La population des narcisses est restée stable ces trente dernières années - COMM'une info n° 92
Les coteaux de la Riviera, notamment dans le secteur des Pléiades, sont connus depuis des décennies pour accueillir une population importante de narcisses. Lors de sa floraison au mois de mai, les fleurs forment de vastes surfaces blanches dans les pâturages communément appelées « la neige de mai ». L’espèce revêt donc une valeur patrimoniale importante pour la région et ses visiteurs. En 1998, consciente du déclin de la plante, les Communes de Blonay et de St-Légier - La Chiésaz avaient réalisé un premier inventaire de sa population. Près de trois décennies plus tard, les autorités ont mandaté le bureau d’étude ASCA Environnement afin de réaliser un nouvel inventaire et comparer les résultats de 1998.
Une fleur toujours bien présente
L’équipe de biologistes s’est rendue sur le terrain au printemps 2025. Leurs observations mettent au jour une présence relativement stable des narcisses sur le territoire communal, démontrant même une légère densification sur certaines parcelles des Pléiades, comparativement aux recensements effectués à la fin des années 90. Une amélioration est observée principalement dans les alpages, sur les parties les plus élevées du territoire communal, et sur les prairies extensives. Selon les experts, l’impossibilité de construire dans ces zones, une arrivée plus tardive du bétail dans les alpages d’altitude, et une gestion agricole plus durable expliqueraient ces résultats. À relever également les actions de préservation menées depuis de nombreuses années par l’association Narcisse Riviera.
Des résultats contrastés en basse altitude
À l’inverse, de vastes secteurs ont été perdus en basse altitude au cours de ces 25 dernières années. Des changements au niveau de l’utilisation agricole des parcelles, la déprise agricole, dont découle une recolonisation de la prairie par la forêt, constituent les causes principales de ce déclin. L’augmentation des constructions dans certains secteurs a aussi eu un impact négatif sur les populations. À cela s’ajoutent la fréquentation des sites, la cueillette et le piétinement des prairies, qui ont contribué à la fragilisation des narcisses dans certains secteurs. Le réchauffement climatique exerce lui aussi une pression supplémentaire sur les fleurs qui semblent désormais trouver leur « optimum écologique » au-dessus de 1’000 mètres d’altitude. Ces résultats doivent toutefois être mis en perspective avec la situation observée au début du XXe siècle, période durant laquelle l’abondance des narcisses était nettement plus élevée qu’à ce jour.
Renforcer le plan d’action visant à préserver les populations
Le narcisse apprécie les herbages gérés de manière non intensive et fauchés de manière tardive, c’est pourquoi il se plaît particulièrement dans les prairies extensives du territoire communal. La gestion pratiquée sur les pâturages, en dehors des alpages, semble par contre moins lui convenir, le bétail appréciant ses fleurs et piétinant ses bulbes. De concert avec un plan d’action cantonal en cours d’élaboration, diverses mesures agricoles et forestières pourraient être mises en oeuvre au niveau communal pour prévenir le déclin localement observé. Une gestion agricole adaptée et un déboisement partiel de certaines parcelles permettraient, à terme, que de nombreux narcisses fleurissent à nouveau.
Rapport complet disponible en ligne à l’adresse :
blonay-saint-legier.ch/biodiversite
Le narcisse, plante protégée au niveau cantonal
La cueillette des narcisses sauvages est strictement réglementée sur le canton de Vaud. Aidez-nous à préserver cette fleur emblématique de la Riviera, menacée de disparition.
Depuis l’adoption de la Loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager (LPrPNP) et de l’entrée en vigueur de son règlement d’application en juillet 2024, la plante fait en effet partie des espèces végétales protégées au niveau cantonal. À ce titre, elle fait l’objet de mesures de sauvegarde très spécifiques.
Sa cueillette est strictement interdite dans les pâturages, les réserves naturelles et les champs privés. Il est aussi interdit de l’arracher, de l’endommager ou de la mettre en vente. En promenade, il est recommandé de rester sur les sentiers pour éviter de détruire les bulbes ou piétiner les fleurs.
Autant d’actions afin de contribuer à préserver ce patrimoine naturel exceptionnel de notre région pour les générations à venir.
COMM'une info n° 92 - avril 2026