09. Peintures d’Alfred Béguin

Né à Saint-Légier-La Chiésaz en 1834, Édouard Alfred Béguin y meurt en 1906. Peintre, dessinateur, lithographe et caricaturiste, il laisse dans son village natal une empreinte artistique singulière, encore visible aujourd’hui sur certaines façades, portes ou volets.

Formé à l’École des Beaux-Arts de Paris dès l’âge de 18 ans, il y côtoie des figures telles qu’Albert Anker ou Auguste Bachelin, et suit les cours de Charles Gleyre. Issu d’une famille aisée, il peut voyager librement à travers l’Europe, sans souci matériel. De retour à Saint-Légier, il y épouse sa cousine Victoria Brun en 1881 et anime avec elle un pensionnat de jeunes filles en 1884.

Alfred Béguin est surtout connu pour ses peintures murales exécutées directement sur les bâtiments de la commune : portes de granges, volets, façades crépies à la chaux. Il les réalise rapidement, avec une technique simple et efficace : craie et noir de vigne dilué dans de l’eau ou une chaux très liquide. Ces scènes vives et expressives, souvent humoristiques, s’inspirent de la vie quotidienne villageoise.

Son œuvre est marquée par la modestie de son auteur, peu soucieux de reconnaissance. Pourtant, de son vivant déjà, des visiteurs se déplacent pour admirer ces peintures champêtres. Certaines ont disparu, effacées par le temps ou la pluie ; d’autres subsistent, témoins discrets mais précieux d’un regard tendre et malicieux sur le monde rural de son époque.

Béguin fréquente d’autres artistes locaux rassemblés autour de Gustave Coindet, dont les peintres Frédéric Rouge, Henri Bercher, et le pasteur Alfred Cérésole. Outre ses peintures, il laisse des dessins à la plume ou au crayon, des aquarelles et quelques toiles à l’huile.

En 2024, un ouvrage « Alfred Béguin 1834-1906. Le peintre du village illustré » (Collectif, direction Gianni Ghiringhelli) est venu mettre en lumière l’ensemble de son œuvre, redonnant à Alfred Béguin une place légitime dans l’histoire culturelle de la commune.

Ses 17 œuvres encore visibles, pour la plupart restaurées, font aujourd’hui partie intégrante du patrimoine culturel de Saint-Légier–La Chiésaz. Sauriez-vous toutes les retrouver ?

Six d’entre elles sont facilement repérables aux abords de la Route des Deux-Villages.

 

Point d’observation n° 1Ce lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre.

Vous vous trouvez iciCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre. au point de départ du parcours retraçant les peintures murales réalisées par Édouard Alfred Béguin. Face à vous, sur le balcon de l’annexe de l’Auberge communale, se dévoile la peinture une scène de retour au logis un peu chahutée. Cette œuvre a fait l’objet de deux restaurations afin de préserver ses couleurs et ses détails au fil du temps : une première intervention réalisée en 1995 par Mme A. F. Pelot, puis une seconde restauration menée par Fanny Pilet de l’atelier Synopie en 2023.

Afin de poursuivre votre découverte, descendez par la Route des Deux-Villages jusqu’à la bâtisse portant le n° 71Ce lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre., où se trouve le deuxième point d’observation du parcours.

 

Point d’observation n° 2Ce lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre.

Vous voilà arrivés au deuxième point d’observationCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre. des œuvres d’Édouard Alfred Béguin. Contemplez, sur cette imposante bâtisse, deux peintures murales témoignant de l’imagination et du caractère malicieux de l’artiste. En 1865, la Municipalité de St-Légier-La Chiésaz demande au peintre de retirer une série de peintures, sous peine d’amendes. Avec une certaine espièglerie, Alfred Béguin ne se laisse pas décourager : il réalise une nouvelle peinture et y inscrit la date de son « forfait », laissant ainsi une trace de son humour et de son audace.

En poursuivant votre chemin sous les arcades, vous découvrirez, à votre sortieCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre., une nouvelle peinture murale. Celle-ci fait directement écho à l’ouverture de la ligne ferroviaire Vevey–Chamby, mise en service en 1902. Le dessin, daté de 1904, illustre l’intérêt que portait Alfred Béguin aux évolutions de son époque.

Afin de poursuivre votre découverte, descendez par la Route des Deux-Villages jusqu’à la bâtisse portant le n° 33,Ce lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre. où se trouve le troisième et dernier point d’observation du parcours

 

Point d’observation n° 3Ce lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre.

Vous y êtes ! Voici le dernier point d’observationCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre. de ce parcours consacré aux œuvres d’Édouard Alfred Béguin. Trois peintures murales vous attendent ici, la première se trouve face à vous, sur la Grange de Lé. Cette œuvre représente un vigneron de retour de la vigne. 

À votre droite, observez maintenant le balcon entièrement en bois de cette ancienne bâtisseCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre.. Vous y découvrirez une scène représentant un homme et une femme se tenant sur le balcon. Cette peinture murale a été déplacée d’un étage : à l’origine, elle se trouvait au niveau de la route, accompagnée de plusieurs autres dessins. Ce déplacement a permis d’améliorer sa conservation, puisqu’elle est aujourd’hui davantage protégée des intempéries et partiellement préservée de l’exposition directe au soleil.

Avancez encore légèrement et regardez, sur votre gauche, la partie en bois de cette vieille grangeCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre.. Vous y découvrirez une peinture particulièrement cocasse, restaurée une première fois en 1955, par Jean-Pierre Huser, puis une seconde fois par A.-F. Pelot en 1991. Cette œuvre conserve toute la dimension caricaturale et l’humour qui caractérisent le style d’Alfred Béguin.

Cette peinture marque la fin de notre parcours à la découverte des œuvres d’Édouard Alfred Béguin. Toutefois, les peintures présentées ici ne représentent qu’une partie de son important héritage artistique. En poursuivant votre chemin le long de la Route des Deux-Villages, vous aurez encore l’occasion d’en découvrir plusieurs autres, notamment sur les bâtiments de l’administration communaleCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre..

 

Pour aller plus loin, découvrez le reportage de la RTS :

Peintures Béguin