Un quart de siècle à l'exécutif - COMM'une info n° 93
« J’ai le sentiment d’arriver au bout d’une mission », nous confie-t-il assis à la table d’un café. Le 30 juin prochain, Alain Bovay prendra une retraite méritée après 24 ans passés à la Municipalité, dont 15 à la Syndicature (d’abord à St-Légier - La Chiésaz puis dès 2022 à Blonay — Saint-Légier). J’ai accompli mon devoir du mieux que je le pouvais avec les différents collègues qui se sont succédé. J’ai la satisfaction d’avoir accompagné l’évolution de nos communautés » grâce à un esprit « collégial » pour avancer ensemble, commente-t-il.
Motifs de fierté
Difficile de dégager des souvenirs en particulier tant ces derniers sont nombreux. Dans les sujets qui arrivent en haut de la liste, l’élu relève la mise en place de la nouvelle commune fusionnée. « Nous avons toujours dit qu’il s’agissait des administrations qui fusionnaient et non pas les villages. La situation actuelle montre que cette fusion avait du sens. Pour moi, le bilan est très positif. » Dans les réalisations dont il se dit fier, Alain Bovay cite la rénovation du Château d’Hauteville à St-Légier - La Chiésaz, alors en décrépitude. « C’est un bien exceptionnel, avec des investisseurs exceptionnels, qui n’ont jamais contesté les choix qui relevaient de la préservation du patrimoine. » Le développement des nouvelles ressources en eau, un programme qui se poursuit aujourd’hui, la réalisation de 140 appartements à loyers abordables dans le quartier de Grandchamp à St-Légier - La Chiésaz, initié par son prédécesseur, et le projet de développement de la zone industrielle de La Veyre-Derrey, constituent également des motifs de satisfaction pour l’édile. Sans oublier, les discussions entreprises pour convaincre un propriétaire privé d’entrer dans une démarche d’implantation de la Coop à la Chiésaz.
LAT et lourdeur administrative
Dans les moments plus difficiles de son mandat, Alain Bovay pointe du doigt la mise en application de la LAT, la nouvelle Loi sur l’aménagement du territoire. « Je suis un libéral humaniste. J’ai beaucoup de mal à accepter d’appliquer une loi qui vient gruger des propriétaires privés. ». Il met aussi en avant la perte d’autonomie des communes face à des démarches administratives toujours plus pesantes, liées au canton. « Au lieu d’avoir un soutien du Conseil d’Etat pour trouver ensemble des solutions, on en vient parfois à se perdre en procédures ». Au niveau humain, l’élu a été marqué par la perte de Jacques Reymond, ancien président du Conseil communal. « C’est une personne avec laquelle j’avais une amitié très forte. Il était très engagé à St-Légier - La Chiésaz et avait notamment organisé la rencontre des St-Léger de France et d’ailleurs. Il est décédé en 2020, à l’âge de 69 ans. Quatre jours avant son décès, il m’appelait pour partager ses angoisses. »
Enrichissement humain
Globalement, le Syndic retient de son parcours politique bon nombre de points positifs. « C’est un travail très enrichissant, où on a la chance de croiser énormément de monde et de tisser des liens d’amitié qui perdurent. À commencer par mes deux anciens syndics, Ernest Cardis et Jean de Gautard avec qui j’ai pu beaucoup apprendre du rôle de cette fonction. Dans un poste comme celui-ci, tu ne peux pas plaire à tout le monde, par définition. À chaque fois, j’ai été réélu en tête des votes. Je dois humblement dire que c’est ce qui m’a conforté dans ma mission. »
Retraite bien remplie
Au moment de tourner la page, quel est son sentiment ? « J’aurais pu avoir peur du vide, mais c’était une décision mûrie, un choix réfléchi, explique-t-il. Si la fusion n’avait pas passé, j’aurais de toute façon arrêté avant. Il faut savoir laisser la place aux plus jeunes. » Alain Bovay ne manquera néanmoins pas d’occupations dès le 1er juillet. Dans le cadre de sa fonction de président de la Fondation des Balcons du Lac à Montreux, il assurera le suivi de la construction d’un EMS à Blonay, et il gardera la robe dans son rôle de Conseiller de la Confrérie du Guillon ! « Je m’engagerai aussi pour le Tour de Romandie cycliste en reprenant la tête de l’Étape gourmande (ndlr. repas de soutien à Montreux), mise sur pied par Jean-Daniel Faucherre et la recherche de sponsors. » Le Tyalo entend également se remettre au sport, dont le vélo qu’il a beaucoup pratiqué par le passé, profiter de son chalet à Leysin, et passer davantage de temps en famille. Un dernier mot à l’intention de son successeur ? « Dans un exécutif, un membre est là pour gouverner et non pas administrer ! Maintenir le dialogue, c’est la clé. Stéphane Krebs a la chance d’être entouré d’une administration compétente, au fort capital humain. En gardant ceci à l’esprit, je ne me fais pas de souci pour la suite. »
COMM'une info n° 93 - juin 2026