Frelon asiatique : la vigilance est de mise à l'arrivée du printemps - COMM'une info n° 90

Publié le 4 février 2026
La recherche des nids primaires, le plus souvent installés sous des avant-toits, abris de voitures, cabanons de jardin, ou dans des haies constitue une priorité pour limiter le développement de l’espèce invasive.

Originaire d’Asie, le frelon asiatique, à distinguer du frelon européen, a été introduit par accident en France au début des années 2000. Depuis, sa population n’a cessé de se développer en Europe. En Suisse, les premiers spécimens sont arrivés en 2017 via le Jura français et Genève, poursuivant leur progression, le long du Léman. Face à cette propagation, le Canton de Vaud et la Fédération vaudoise des apiculteurs ont choisi de coordonner leur action, l’essentiel de la lutte étant assumé par des apiculteurs et apicultrices bénévoles. Près de 800 nids ont ainsi été détruits en 2024 sur le territoire vaudois (4 en 2022). Les signalements de présence de l’insecte ont explosé l’an dernier. Des cas ont été signalés à Blonay — Saint-Légier.

Lutte dès le printemps

Un des points de départ pour freiner l’invasion passe par la localisation des nids. Dès le début du printemps (mars-avril), les reines commencent à fabriquer un premier nid (primaire), d’un diamètre d’une balle de tennis, placé à l’abri des intempéries près des habitations : haies, avant-toits, abris de jardin ou garages. C’est dans ces nids qu’elles débutent leur ponte. À partir de début juillet, la colonie se déplace généralement pour construire un second nid (nid secondaire), niché généralement dans les arbres, à plus d’une dizaine de mètres de haut. Plus la recherche débute tôt dans l’année, plus elle est efficace. Les nids primaires sont en effet beaucoup plus faciles à repérer et à éliminer. Ils ne présentent pas de danger particulier pour les personnes formées à cette tâche. Plus grands, les nids secondaires se situent très souvent dans des endroits difficiles d’accès, à la cime des arbres (plus de 20 mètres). De longues perches ou plateformes élévatrices sont nécessaires pour les enlever. Ces derniers hébergent plusieurs milliers d’individus dont des centaines de futures reines qui vont fonder chacune de nouvelles colonies.

Moyens

Si, durant l’été, la lutte s’intensifie, les moyens de localisation des nids à disposition des apiculteurs, principaux concernés par les ravages de l’espèce invasive, sont chronophages ou coûteux. Il est par exemple possible de poser des émetteurs sur des frelons capturés et de suivre leur signal, lequel doit conduire au nid. Reste qu’il ne s’agit pas là d’une science exacte. La recherche de nids peut également s’effectuer par triangulation, à l’aide de pots à mèche. Les frelons sont attirés par le sirop des pots à mèche. Il est alors possible de les capturer et de les marquer. C’est la pose de plusieurs pots à mèche dans différents lieux qui permet de croiser les données et de localiser le nid. Une méthode qui prend là encore un certain temps.

Appel à la population

Le rôle de la population dans l’aide à la détection des frelons asiatiques est primordial. Les propriétaires ou citoyens qui repèrent un frelon, ou mieux, un nid suspect, sont invités à le prendre en photo ou en vidéo et à l’annoncer via le site internet : frelonasiatique.chCe lien externe va ouvrir une nouvelle fenêtre.. L’annonce d’individu seul va aider à la coordination pour la localisation du nid mais l’éradication pourra se faire uniquement lorsque le nid sera trouvé. La destruction des nids doit impérativement être confiée à des spécialistes. Il est fortement déconseillé de le faire soi-même. S’il n’est pas un insecte agressif, le frelon asiatique va tout mettre en oeuvre pour défendre son habitat le cas échéant.

À noter que les Communes de la Riviera se sont regroupées pour prendre en charge financièrement la destruction des nids chez les privés par exemple, et en soutenant de diverses manières la société d’Apiculture des Alpes Vaudoises.

 

Une menace pour les écosystèmes locaux

Le frelon asiatique constitue une réelle menace pour les écosystèmes locaux. Une seule reine fondatrice peut en effet générer une colonie allant jusqu’à 8’000 individus en une saison. L’insecte adore les abeilles domestiques. Il se place devant les ruches, qui sont pour lui un formidable garde-manger, et il les attrape, avec à la clé, des dégâts souvent importants. Champion du vol, il peut voler en arrière, faire du surplace et attraper les abeilles en plein vol. Celles-ci ne savent pas se défendre face à lui. Il n’a pas non plus de prédateur connu.

Le frelon asiatique s’attaque aussi à d’autres pollinisateurs sauvages et insectes, avec pour conséquence un impact sur l’agriculture (diminution de la pollinisation) et sur la biodiversité de manière générale. Il peut également représenter un risque pour des personnes allergiques par exemple.

COMM'une info n° 90 - février 2026

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