Sentier des morts

Avant d’avoir chacun leur propre cimetière, Blonay et Saint-Légier-La Chiésaz partageaient un même lieu de sépulture : celui situé près de l’église de La Chiésaz, fondé au XIIIe siècle par Amédée de Blonay. Jusqu’en 1834, c’est là que reposaient les défunts des deux villages, acheminés à pied par leurs proches.

Mais en 1833, le Département vaudois de la santé constate que le cimetière de La Chiésaz est devenu trop petit. Il enjoint les autorités de Blonay à trouver un nouvel emplacement, situé hors du village, loin des habitations et dans un sol favorable à l’inhumation. Un an plus tard, en 1834, la commune de Blonay acquiert un terrain entre les hameaux de Cojonnex et de Tercier, jusque-là inhabité à l’exception de la chapelle Saint-Antoine. C’est là que sera créé le nouveau cimetière, agrandi à plusieurs reprises à la fin du XIXe siècle.

Ce changement marquera la naissance du “sentier des morts”. Ce chemin, qui relie le giratoire de Cojonnex au carrefour du chemin du Château et du chemin du Ressat, longe le Grand-Pré et franchit le ruisseau de l’Ognonnaz. Il était autrefois emprunté par les convois funèbres pour conduire les défunts à leur dernière demeure – d’abord vers La Chiésaz, puis, dès 1834, vers le nouveau cimetière de Blonay.

Aujourd’hui, ce sentier ne résonne plus du pas lent des cortèges funèbres, mais de celui, plus léger, des promeneurs, des élèves, des joggeurs. C’est un chemin discret, paisible, chargé d’histoire et de silence. Un trait d’union entre les vivants et les morts, entre l’héritage d’hier et les pas de demain. Peut-être devrait-on l’appeler désormais le “sentier de la vie”.

Sentier des morts