Château d'Hauteville

Le nom d’Hauteville – Alta Villa – apparaît dès le Moyen Âge dans les archives de Lausanne. Une sépulture romaine retrouvée sur le site atteste pourtant d’une occupation antique bien plus ancienne. Longtemps rattaché à la seigneurie de Blonay, le domaine passe ensuite aux mains des Savoie. En 1487, il est offert en dot à Louise de Savoie lors de son mariage avec François de Luxembourg.

Après la conquête bernoise du Pays de Vaud, le domaine de Hauteville change plusieurs fois de propriétaires. En 1734, il est acquis par Jacques-Philippe d’Herwarth, puis revendu trente ans plus tard à Pierre-Philippe Cannac, riche négociant français. Le domaine comprend alors un moulin, deux fermes et une maison jugée trop modeste par son nouveau propriétaire.

Cannac fait appel à l’architecte lyonnais Donat Cochet pour concevoir un nouveau château, construit par des artisans veveysans sur les bases de l’ancien. Achevé en 1767, l’édifice s’inspire du style classique français, avec des touches italiennes visibles dans ses fresques extérieures. Il surplombe un vaste domaine rural composé de cinq fermes, de pâturages et des forêts de Bois Dévin, des Thoules et de Saumont.

Sous la Révolution vaudoise, la famille Grand d’Hauteville perd ses droits féodaux mais conserve la confiance de la population. En 1798, les villageois montent même la garde autour du château. En 1814, Daniel Grand d’Hauteville commande des aménagements intérieurs dans le goût Empire, ainsi qu’un petit temple circulaire de style ionique, en grès de Genève, réalisé par le tailleur de pierre Doret. Il devait accueillir une statue de Bacchus, qui ne fut jamais réalisée.

Au début du XXe siècle, Frédéric Grand d’Hauteville, 5e baron, lance d’importantes rénovations. Il publie en 1932 un ouvrage de référence sur l’histoire du château. Son descendant Wilfred, 7e baron, dernier résident du domaine, fut syndic de Saint-Légier – La Chiésaz de 1950 à 1952. Le cimetière familial privé, au nord de l’église de la Chiésaz, en témoigne encore aujourd’hui.

Dans les années 1960, la construction de l’autoroute ampute sévèrement le domaine. Impôts, successions et charges d’entretien poussent les héritiers à vendre une grande partie des terres : d’environ 100 hectares après la guerre, le domaine passe à 20 hectares en 2010.

Classé bien culturel suisse d’importance nationale, le château fut brièvement pressenti pour accueillir le futur musée cantonal des Beaux-Arts, avant l’abandon du projet en faveur du projet de Plate-forme pôle muséal à Lausanne

En 2018, l’université américaine Pepperdine University choisit Hauteville pour y établir son campus suisse. Après deux ans de restauration par le bureau Glatz-Delachaux, le site ouvre officiellement en 2022, renouant ainsi avec sa vocation d’accueil, de transmission et d’ouverture sur le monde.

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